03.03.2008

Falaise effritée

341496484.JPG     Virée dimanche après midi sur Etretat, par temps de bruine. L'Aiguille Creuse est toujours là. Mais la mer grignote...

27.01.2008

Algèbre noétique

La conscience de mon ignorance croît au carré de ma connaissance.

24.12.2007

Au bord de l'eau, 21/11/2007

62ae9088b4abcf2d80a949cdda186f3d.jpg Temps perdu d'avance à collecter les souvenirs quand la prière émonderait les passions.

Obsessions de mort et de honte mêlées. Mauvais plis de la mémoire que l'on ne sait pas défroisser. Mais la lumière, elle, peut-elle tout repasser, tout remettre à plat, tel une chemise blanche, immaculée, pour le dimanche éternel de l'âme ?

Joie d'aimer son prochain. Joie du temps qui passe. Joie de l'instant présent. Joie du soleil automnal et de l'hiver qui vient. Joie de la douceur d'un jour. Joie de la nature apaisée. Joie d'être, juste là : vivant. Joie du cycle rassurant des saisons dans la cosmique prison. Joie de l'infinie création. Joie d'être soi, Joie.

Ecrire, aimer, beautés qui chantent. Cueillir l'aubade d'un silence.

La croix sainte gît dans le cœur sans borne. La solitude ainée vient d'avant l'entre-tombes.

Mourrance et mouritude. Mouroir et mourillons. Mourir et m'ouvrir ? "Si mort a mors Duchesse, noble Dame..."

Le panthéisme n'est plus car la Nature dépérit dans le désert des consciences hallucinées.

Corps de vertu, corps de silence, corps de joie brûlée, par-dessus l'errance. Nous sommes dans la bourrasque un cœur pétri d'argile qui cherche l'eau du ciel.

J'aime l'onde sauvage qui bruit autour de moi.

30.10.2007

Télé-visions

    Journées denses et nuit grandissantes. Plus disponible pour la petite lucarne qu'à l'accoutumée.
    Vu "le Grand Silence" hier après l'émouvante série "Carol" la semaine dernière. Arte vire-t-elle catho ? Entretemps, le sorcier Harry était de retour ; nous avons tous (?) un Potter dans notre arrière-cœur. La pensée magique n'est pas primitive, mais primale, reliée aux énergies de vie et de sens présentes lors de notre venue au monde.
    Ce soir, avec Ali Baba (sauce TF1), le tapis volant succède au balai. Loin du réel sanglant de l'actualité. Parfois l'imaginaire fuit le monde pour mieux lui survivre...

21.10.2007

Joan Baez

    Ce soir, sur la route,
j'achève une semaine imprégnée d'émotions fortes, de peurs et de bons moments mêlés. Les appréhensions sont maintenant (et provisoirement, car tout recommence toujours) évanouies.
Je reprends le travail demain, retour à la routine, avec sa couche rassurante de fausses lumières par dessus les ombres gris-souris (souris à la vie, semblent-elles me dire).

Radio allumée : c'est une chanson de Joan Baez, dont la voix sublime monte dans la nuit qui vient, avec ce fond de jour qui s'accroche encore à l'horizon occidental. L'auto file sur la route de campagne, et soudain :
l'âme est là de nouveau,
ce sentiment de s'appartenir de toute éternité, je ne l'ai donc pas perdu, pas encore, il y a de la résistance dans la Gente ailée qui peuple mes ornières.
Pourtant ces derniers jours m'avaient laissé vide et orphelin.

Question subsidiaire : est-ce une pause ou une victoire ?
Nous sommes riches de nos manques, comme l'espace inscrit dans une cathédrale...

17.10.2007

Coïncidence remarquable

    Je viens de voir le film Deuxième vie de Patrick Braoudé. Cette comédie (année 2000) raconte l'histoire d'un homme de 30 ans qui a un accident de voiture en 1982, le jour du match France-Allemagne, et se retrouve projeté en 1998, le jour de la victoire en Coupe du Monde.
    Dans le bonus du DVD, le réalisateur révèle une coïncidence que je trouve à la fois belle et extrêmement troublante.
    Juste avant l'accident qui provoque le saut temporel, le personnage au volant cherche à allumer l'auto-radio. Cette distraction est cause de l'accident.
    Pendant le tournage, au moment où Patrick Braoudé alluma la radio, lors de l'unique prise du plan-séquence de l'auto-radio, l'émission captée par hasard traitait justement du voyage dans le temps, et l'équipe de tournage entendit, pétrifiée, à l'allumage de la radio : "...un homme peut se retrouver 10, 20, 30 ans plus tard en 3 secondes...", juste à l'instant T du film où le personnage gagne 16 ans d'un coup. Imaginez l'effet d'une telle synchronicité sur les personnes présentes...
    Un peu à la manière des héros du film Matrix, nous sommes dans ces instants improbables conviés à surprendre le clin d'œil des "dieux" qui relient les fils de nos existences, comme un défaut ou un point remarquable dans la trame de la matrice...

20fae2061e07dce733b4e29bf0317e8f.jpg

09.10.2007

Court sommeil contre fragments d'éveil

    Peu dormi la semaine passée (je veillais tard) mais cela favorise un sommeil plus concentré et réparateur, avec des rêves marquants au matin.
    Les instants de conscience pure, où s'approche la racine du réel, sont plus fréquents. Consolation de l'âge : ce qui était vertigineux, insaisissable dans la jeunesse, tel un angle mort, un point aveugle de la conscience, devient perceptible à la dérobée d'un éclair de lucidité.
    Travail entre cette lucidité (le noyau), l'égo qui reconstruit sa coque autour, et l'espace animique intermédiaire qui nourrit et relie les deux. Je retrouve le chemin de la nudité de l'enfant tombé du ciel, jeté au monde, ahuri d'être là. La lumière froide d'être ici-bas n'est tolérable que dans la clarté d'amour qui réchauffe et donne sens. La résilience dont se gargarisent tous les ex-malheureux qui ont réussi à fructifier sur leurs lignes de fractures, cette résilience est possible dans la vérité accouchée de soi dans l'existence. Vieillir vers la tombe est aussi le chant libre qui retrouve son hymne après s'être égaré, soûlé de ses reflets mondains, puis dégrisé et bientôt revenu à la transparence originelle. Bref, je décante.