29.09.2007

Des nouvelles de soi

    Je ne suis plus très actif du côté des blogs. Il ne s'agit pas d'un abandon déguisé mais, dans le cadre des écrits d'Arianil, du souhait de conserver cohérence et raison d'écrire.
    Je conçois volontiers ces notes ouvertes à tous comme un exercice où l'on profite d'un lectorat potentiel pour s'éclairer sur ses croyances, humeurs, réflexions et méditations personnelles ou reçues d'autrui. Néanmoins ce travail de "connaissance de soi" est une œuvre de longue haleine, certains diraient un travail de fourmi ou de bénédictin. Les mouvements de l'âme ne se font pas au rythme régulier d'un agenda programmé.
    En outre, il faut pouvoir surplomber ses changements intérieurs, avoir du recul pour parler de soi. Dans les expériences intimes, lorsqu'elles sont belles et bonnes à partager, la pudeur demeure, alliée au sentiment peut-être superstitieux de ne pas montrer trop la lumière pour ne pas la voir s'enfuir. Comme ces coraux dont les merveilleuses couleurs disparaissent dès qu'ils sont ramenés à l'air libre. Le bavardage, même "spirituel", est souvent propice aux fuites d'énergies. Quant aux moments pénibles, quand la déréliction domine, on ne va pas non plus en parler, en tout cas pas avant de l'avoir surmontée. Ne pas ajouter à la négativité ambiante.
    Cependant, du point de vue créatif, c'est en pratiquant bon gré mal gré, avec ou sans inspiration, que l'œuvre progresse. D'ailleurs les écrivains prolixes savent se lever tôt et s'astreindre au travail régulier.
    Je lis depuis deux soirs Le monde de Sophie de Jostein Gaarder, et nous en sommes à Aristote. Ce roman qui récapitule l'histoire de la philosophie commence à me plaire. J'y retrouve le Platon que j'aime, et me découvre avoir été aristotélicien à vingt ans sans le savoir, en une certaine intuition de l'Essence et de la Substance.
    Je démarre aussi La cité antique de Fustel de Coulanges. Ces deux livres dormaient dans ma bibliothèque, après un faux-départ de lecture. Pour la cité antique, la préface était cause de cet arrêt. La peste soit de ces préfaces universitaires, qui seraient plus pertinentes en éventuelles annexes ou postfaces. Le style de Coulanges, lui, se lit avec beaucoup d'agrément, et je plonge captivé dans cette antiquité gréco-romaine, que nous croyons connaître et qui est si étrangère au monde actuel. Une vieille voix d'outre-vie résonne pourtant en filigrane (la même qui me fait aimer les péplums ?) et j'ai l'impression de retrouver quelque monde oublié, dans mon inconscient, ou celui de mes aïeux.

Commentaires

Bonne lecture donc, Arianil....
Moi, si je commence à lire c'est que je n'ai rien à faire mais en ce moment j'ai trop à faire.
Bon dimanche.

Ecrit par : elisabeth | 29.09.2007

Une note vraiment intéressante et très personnelle. Curieusement les échos (l'intérêt des notes est pour moi de servir à éveiller des échos chez les autres) que cette note à en moi sont loin de Platon, Aristote, ou quelque lecture. Je m'interroge sur la décision . Ecrire, ne pas écrire, lire, ne pas lire, partir à la campagne où s'enfermer chez soi pour méditer. Je crois, cher Arianil que tu viens de déclencher une réflexion "philosophique" qui va se retrouver aujourd'hui ou demain dans le Laboratoire et qui risque d'être longue...

Ecrit par : ariaga | 30.09.2007

Le dernier billet d'Ariaga, a éveillé ma curiosité.
Comment essayer d'y insérer un commentaire sans en connaître le facteur déclenchant ?
Le monde de Sophie de Jostein Gaarder, je l'ai découvert par hasard, ce fut un véritable plaisir.
Quand à la La cité antique de Fustel de Coulanges, à mon humble avis un des meilleurs du genre, livre que l'on déguste comme de l'hydromel. Ce dernier a déclenché l'envie d'en connaître plus sur les civilisations antiques.
En complément, après avoir suivi "Bibliothéque Médicis, où étaient invités Paul Veyne et Lucien Jerphagnon, j'ai acheté L'histoire de la Rome antique de ce dernier; livre qui a été lu presque d'un trait.
Depuis, je ne cesse de découvrir ou d'approfondir l'étude de ces époques qui nous ont laissé des auteurs incontournables.
Sans oublier les Platon, Aristote, Epictète, Sénèque (Paul Veyne, a publié chez Robert Laffont, une édition de ses œuvres et dernièrement un « Sénèque, une introduction », les Juvénal avec ses épigrammes, Martial avec ses satyres et bien d'autres.
De quoi tenir compagnie lors des soirées T.V consacrées à l’inculture, par la diffusion des Kho Lanta, Star-acc et autre stupidités… !
P.S : J’ai même acheté le DVD « Gladiator »… !

Ecrit par : grainsdesel | 01.10.2007

@Elisabeth : merci de ton passage, et bonne semaine (chargée ?) à toi !

@ariaga : voilà qui est bien agréable : que nos écrits se répondent et s'inspirent mutuellement. à bientôt donc dans ton laboratoire...

@ grainsdesel : merci de ton passage et grand merci de la référence sur la rome antique. Je note ce livre et penserai à le lire à la prochaine occasion.

Côté télé, on m'a passé les enregistrements de la première saison de "Rome" la série (anglaise ?) diffusée sur Canal+ (je crois). En attente de voir la saison 2.

Ecrit par : Arianil | 02.10.2007

Bonsoir. Juste un signe. A bientôt.

Ecrit par : Cribas | 06.10.2007

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