09.10.2007
Court sommeil contre fragments d'éveil
Peu dormi la semaine passée (je veillais tard) mais cela favorise un sommeil plus concentré et réparateur, avec des rêves marquants au matin.
Les instants de conscience pure, où s'approche la racine du réel, sont plus fréquents. Consolation de l'âge : ce qui était vertigineux, insaisissable dans la jeunesse, tel un angle mort, un point aveugle de la conscience, devient perceptible à la dérobée d'un éclair de lucidité.
Travail entre cette lucidité (le noyau), l'égo qui reconstruit sa coque autour, et l'espace animique intermédiaire qui nourrit et relie les deux. Je retrouve le chemin de la nudité de l'enfant tombé du ciel, jeté au monde, ahuri d'être là. La lumière froide d'être ici-bas n'est tolérable que dans la clarté d'amour qui réchauffe et donne sens. La résilience dont se gargarisent tous les ex-malheureux qui ont réussi à fructifier sur leurs lignes de fractures, cette résilience est possible dans la vérité accouchée de soi dans l'existence. Vieillir vers la tombe est aussi le chant libre qui retrouve son hymne après s'être égaré, soûlé de ses reflets mondains, puis dégrisé et bientôt revenu à la transparence originelle. Bref, je décante.
23:30 Publié dans Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : conscience, résilience


Commentaires
Un texte que j'apprécie tout particulièrement...
tu t'en doutes.
Oui décante, décante encore!
C'est se moquer d'un bon vin que de le boire sans le rafraîchir.
Je décante avec toi...
Ecrit par : Cribas | 10.10.2007
De même... ;)
Ecrit par : Ezrah | 10.10.2007
Bien joli texte, bon comme du vieux vin. Comme Cribas, je décante avec toi. As tu remarqué comme l'"inconscient collectif des blogs de notre petit groupe est actif, en ce moment, au sujet du rêve. Bises.
Ecrit par : ariaga | 12.10.2007
En écho à ta note du 29-09 et celle-ci, je crois qu’il est difficile d’échapper à la réflexion à propos de notre véhicule-support-laboratoire-jonque etc, en particulier lorsqu’on utilise un blog comme instrument d’une pratique. Peut-être faudrait-il d’ailleurs se soumettre un peu plus à cette réflexion, pour observer ce qui se passe sous ce que l’on expose et ce que l’on s’impose.
Un blog est-il un masque grâce auquel on peut dire ce qu’on n’oserait pas dire à visage découvert ou le contraire ? Est-il un costume qui facilite une catharsis théâtrale, un rôle dont le vêtement, plus ou moins bien coupé, plus ou moins bien choisi, permet quand même de faire passer ce dont on est le canal ?
Plus je vois d’aspects, moins j’ai envie d’affirmer. Un blog mue-t-il aussi avec son pratiquant ?
Ce point aveugle de la conscience appartient à une géométrie paradoxale intéressante. Car entre décanter et déchanter, il n’y a qu’une hache (de paix) de différence.
Amicalement
Ecrit par : djaipi | 14.10.2007
Beaucoup de questions cher djaipi qui surgissent en effet souvent après quelques mois de pratique, dès lors que l'on met un peu de soi dans l'aventure de son blog. Le jeu peut devenir plus sérieux qu'initialement prévu, ou partir en vrille alors qu'on avait programmé une croisière d'agrément narcissique. Dans tous les cas, déchanter et décanter peuvent se succéder et se cumuler.
Pour l'heure je suis un peu trop dans l'oeil du cyclone pour pouvoir en parler.
Amitiés aux amis visiteurs et bon courage à tous, pour de rêve ou pour de vrai.
"In vino veritas", Ariaga ?
Ecrit par : Arianil | 16.10.2007
J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie, Paul Nizan, dans Aden Arabie.
Ecrit par : Tietie007 | 04.11.2007
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