07.12.2009

Ton beau château

Chenonceau.jpg

A Tombelaine
Tombe de l'eau
Tombe en l'arène
Tombent les os
Tombeaux des reines
Tombe en rideau
L'ombre des haines
A Chenonceau

30.11.2009

Apollon, mon Frère

C'est une histoire d'amour entre ciel et loups. Orage et vibrance des splendeurs englouties. Courant la lande des lunes dévorées, les fils de la nuit argentine promenaient leur silhouette-flamme sur la croupe des collines aux mille chemins.
J'avais dans ma besace aux fleurs d'astrobel la main prise en son ressac de souvenirs adamantins.
Citadelle des nombreuses défaites, vaillance sans retour aux portes de bronze, jouxter la nuit n'est pas gémir quand l'ordre est au souvenir. Mais point de rose en son âme quand fleurit la solitude des trompe-sommeil écartelés. Jouvence et sourire dansent sur le marbre des veines ensorcelées. Croupe de rocailles ou s'éboule la tisane de nos vies brèves. Mouches qui s'affolent sous la vague des années, quand j'éparpille aux quatre vents les cratères de mes pensées perdues. J'oublions que nous n'est qu'un mirage. Forme et fond se propulsent sur l'écran de la conscience, tandis que l'en-soi demeure invisible en l'arène.
Bigre ! se disent les gnomes de la vie ; que ferons-nous de nos jouets brisés ? Quid des hochets fossilisés ? D'où provient ce dégoût des joutes picrocholines ? Quand l'engeance des strapontins festifs se répand sous nos derrières, il vaut mieux rebondir sur d'autres fourmilières. Mais qui veille encore dans nos ruines amoncelées ?
Jadis, le marbre et la pourpre se mariaient aux frontons de nos temples. Jadis, nous avions l'assurance des dieux en nous. Effondré notre âge d'or et perdue notre Atlantide. Il demeure le gouffre amer de l'existence et son avenir de cloche-muraille, ou bien le carrefour de nos pertes sans prix. Même si je crois encore à l'ambroisie intime dans le coma du coeur. Même si l'Apollon me survit en ce rêve qui bruine ma personne fugitive. Trouvez le sens et cramponnez la prise à l'écoute des essences-ciel qui sauvent l'un dit-cible de l'absurde hostile.

27.11.2009

Attends

Attends que vienne, arrive

Le chant mystérieux.

Attends que l'autre rive

Nous conduise aux adieux.

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Attends que nous délivre

L'attente des aïeux,

Pour qu'on apprenne à vivre

Comme au ciel les dieux.

06.07.2008

Chanson post

Un jour quand l'amour passe
Tu crois que tu t'envoles
Et tu te vautres
Et tu te ramasses

Tes écrits en carton-pâte
En bois de rose bonbon
Te soutiennent
Just' le temps d'un rêve

Le temps vient de l'érosion
Des souvenirs en porte-à-faux
Et tu moissonnes
Ton champ d'illusions

illusions.jpg
image trouvée ici 

24.12.2007

Au bord de l'eau, 21/11/2007

62ae9088b4abcf2d80a949cdda186f3d.jpg Temps perdu d'avance à collecter les souvenirs quand la prière émonderait les passions.

Obsessions de mort et de honte mêlées. Mauvais plis de la mémoire que l'on ne sait pas défroisser. Mais la lumière, elle, peut-elle tout repasser, tout remettre à plat, tel une chemise blanche, immaculée, pour le dimanche éternel de l'âme ?

Joie d'aimer son prochain. Joie du temps qui passe. Joie de l'instant présent. Joie du soleil automnal et de l'hiver qui vient. Joie de la douceur d'un jour. Joie de la nature apaisée. Joie d'être, juste là : vivant. Joie du cycle rassurant des saisons dans la cosmique prison. Joie de l'infinie création. Joie d'être soi, Joie.

Ecrire, aimer, beautés qui chantent. Cueillir l'aubade d'un silence.

La croix sainte gît dans le cœur sans borne. La solitude ainée vient d'avant l'entre-tombes.

Mourrance et mouritude. Mouroir et mourillons. Mourir et m'ouvrir ? "Si mort a mors Duchesse, noble Dame..."

Le panthéisme n'est plus car la Nature dépérit dans le désert des consciences hallucinées.

Corps de vertu, corps de silence, corps de joie brûlée, par-dessus l'errance. Nous sommes dans la bourrasque un cœur pétri d'argile qui cherche l'eau du ciel.

J'aime l'onde sauvage qui bruit autour de moi.

20.09.2007

Pêcheur d'étoile

    On a fait le tour de nos miracles. Et puis les recettes sont usées ou bien est-ce la foi qui est devenue tiède ?
    Méfiance, toujours le doute, juste récompense des erreurs et des farces diablotines endurées.
    Parfois, le vieux réflexe religieux plonge dans la dévotion extérieure, la peur et le désarroi aidant.
    Sans oublier cet orgueil prométhéen qui ne veut pas courber la tête, cette nuque raide de la conscience, qu'en bon occidental cartésien je chéris tant.
    Au risque même d'oublier les leçons gnostiques des grands anciens, de les traiter de fables parmi d'autres, demeure l'énigme d'exister, celle commune à tous les vrais athées qui ne remplacent pas le dieu mort par quelque autre postiche politique ou philosophique.
    Parce que cette énigme est un mystère, le mystère ultime et premier de ce pourquoi je suis là à taper ces lignes pour comprendre, l'alpha et l'omega de toute chose et de moi-même vaut bien une messe intime et récurrente.
    Et si toute autre forme de culte n'était qu'idolâtrie, dès lors que je sais prier ce qui en moi est en deçà et au delà de moi, la source de la source, la mère de toutes les vierges, le père de tous les premiers nés. C'est l'Un dans l'autre, c'est Dieu en moi — et le vice versa, comme dirait le diable ? — mais le bifide a beau dire, le mystère est inaltérable, insoluble dans la dialectique.

    Que faire avec nos manques, émotionnels, sensuels, sexuels, spirituels, veniels, charnels, éternels ? Vivre avec, en les éprouvant droit devant, les dieux dans les yeux, à la limite de l'enstase et de l'extase, quand le corps prend sa part du mystère effleuré.
    Comme un vent qui traverse le champ de l'être ici-bas, les nerfs sismographes frissonnent sous l'approche de la Surlumière.
    Tremble carcasse, sous la douche de la conscience éclairée, quand je vibre de mes fibres assoiffées de ce réel nucléaire.

    L'archétype de ma raison d'être parfume le souffle suspendu. Les mains de l'ange saisissent la fleur de ma joie, et je peux de nouveau croire en ma bonne étoile. Chaos, ténèbres et souffrances innombrables n'y peuvent rien.
    En cet instant, je suis sauvé.

13.09.2007

Prisonnier

Avec joie coule au fond des veines la chanson de l'elfe d'or.
Corrige les douleurs passagères mais chroniques : toutes les peines
et les lave, les immondices de la Psyché ensevelie.
Craquent les murs de glace qui ensorcellent le présent.
Peur d'être fou et engourdi pour l'éviter,
mais rien ne passe plus la barrière des protecteurs de l'ombre
et l'on ne sait pourquoi l'on respire ;
pour quelle clarté ?
Dansent en souvenir les étoiles des beaux instants
mêlées aussi de plus sombres compagnons ;
la gravité nous rappelle à la fange du passé et prépare celle de demain.
Pourtant rien n'est perdu :
chaque seconde porte en sa crucifixion sa délivrance, son passeport pour l'éternité joyeuse
comme un mauvais rêve qui s'oublie au matin.
Bonjour à l'infime qui demeure et nous appelle
vers ce temps aboli.

24.07.2007

Résistance

Entente ferme au sang qui coule
Et pacte sourd aux âmes en larmes
L'armée des rats berne les foules
Nourries d'espoirs mortes d'alarmes

Araignée chante ta chanson
Paris soumise aux cœurs de fer
Puis sacralise au Panthéon
La pourriture des solitaires

Et dans le chaos des sirènes
Qui divinisent les éons
Les chants perdus des humains prennent
Les dieux absents pour des fanions

Partout sur les ondes avides
Ou dans les salons bien-pensants
La gente murine nous guide
Nourrie du sang des morts-vivants

Dans le fond brumeux des tavernes
Dans l'ombre intime des prisons
Dans le silence d'une caverne
Dans une église en oraison

Malgré l'engeance des beaux esprits
Briseurs de rêves déviants
S'égrène encore le chant fourmi
Du Dieu caché qui nous attend

23.07.2007

Petite Dryade

La douceur était là
enchantant la mémoire
une ambiance en velours, mirabelle
une enfance de clarté
une lueur dans nos vies mensongères
la belle couleur de la tendresse
tout près de moi, une âme qui brillait
une enfant de lumière
tout près du cœur
la fontaine aux merveilles
la douceur
une blondeur calme et tranquille
et candide et confiante
elle était pure
comme l'évidence
perle d'azur
dans l'or du soir.

22.07.2007

Confidence

Sais-tu quel est le sel,
Sais-tu quelle est la cause
Qui illumine mon ciel
Et le métamorphose ?

Sous le bruit de l'armure,
Un souffle, un battement :
Ce chant est un murmure,
Presque un chuchotement.

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