30.11.2009
Apollon, mon Frère
C'est une histoire d'amour entre ciel et loups. Orage et vibrance des splendeurs englouties. Courant la lande des lunes dévorées, les fils de la nuit argentine promenaient leur silhouette-flamme sur la croupe des collines aux mille chemins.
J'avais dans ma besace aux fleurs d'astrobel la main prise en son ressac de souvenirs adamantins.
Citadelle des nombreuses défaites, vaillance sans retour aux portes de bronze, jouxter la nuit n'est pas gémir quand l'ordre est au souvenir. Mais point de rose en son âme quand fleurit la solitude des trompe-sommeil écartelés. Jouvence et sourire dansent sur le marbre des veines ensorcelées. Croupe de rocailles ou s'éboule la tisane de nos vies brèves. Mouches qui s'affolent sous la vague des années, quand j'éparpille aux quatre vents les cratères de mes pensées perdues. J'oublions que nous n'est qu'un mirage. Forme et fond se propulsent sur l'écran de la conscience, tandis que l'en-soi demeure invisible en l'arène.
Bigre ! se disent les gnomes de la vie ; que ferons-nous de nos jouets brisés ? Quid des hochets fossilisés ? D'où provient ce dégoût des joutes picrocholines ? Quand l'engeance des strapontins festifs se répand sous nos derrières, il vaut mieux rebondir sur d'autres fourmilières. Mais qui veille encore dans nos ruines amoncelées ?
Jadis, le marbre et la pourpre se mariaient aux frontons de nos temples. Jadis, nous avions l'assurance des dieux en nous. Effondré notre âge d'or et perdue notre Atlantide. Il demeure le gouffre amer de l'existence et son avenir de cloche-muraille, ou bien le carrefour de nos pertes sans prix. Même si je crois encore à l'ambroisie intime dans le coma du coeur. Même si l'Apollon me survit en ce rêve qui bruine ma personne fugitive. Trouvez le sens et cramponnez la prise à l'écoute des essences-ciel qui sauvent l'un dit-cible de l'absurde hostile.
20:45 Publié dans Poésie, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, automatique, poème, prose, poétique, inconscient, surconscient, absurde, essentiel, divin
27.11.2009
Attends
23:03 Publié dans Poésie, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : calvaire, plougastel
27.01.2008
Algèbre noétique
La conscience de mon ignorance croît au carré de ma connaissance.
22:40 Publié dans Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pensée, ignorance, conscience
24.12.2007
Au bord de l'eau, 21/11/2007
Temps perdu d'avance à collecter les souvenirs quand la prière émonderait les passions. Obsessions de mort et de honte mêlées. Mauvais plis de la mémoire que l'on ne sait pas défroisser. Mais la lumière, elle, peut-elle tout repasser, tout remettre à plat, tel une chemise blanche, immaculée, pour le dimanche éternel de l'âme ?
Joie d'aimer son prochain. Joie du temps qui passe. Joie de l'instant présent. Joie du soleil automnal et de l'hiver qui vient. Joie de la douceur d'un jour. Joie de la nature apaisée. Joie d'être, juste là : vivant. Joie du cycle rassurant des saisons dans la cosmique prison. Joie de l'infinie création. Joie d'être soi, Joie.
Ecrire, aimer, beautés qui chantent. Cueillir l'aubade d'un silence.
La croix sainte gît dans le cœur sans borne. La solitude ainée vient d'avant l'entre-tombes.
Mourrance et mouritude. Mouroir et mourillons. Mourir et m'ouvrir ? "Si mort a mors Duchesse, noble Dame..."
Le panthéisme n'est plus car la Nature dépérit dans le désert des consciences hallucinées.
Corps de vertu, corps de silence, corps de joie brûlée, par-dessus l'errance. Nous sommes dans la bourrasque un cœur pétri d'argile qui cherche l'eau du ciel.
J'aime l'onde sauvage qui bruit autour de moi.
00:15 Publié dans Poésie, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
21.10.2007
Joan Baez
Ce soir, sur la route,
j'achève une semaine imprégnée d'émotions fortes, de peurs et de bons moments mêlés. Les appréhensions sont maintenant (et provisoirement, car tout recommence toujours) évanouies.
Je reprends le travail demain, retour à la routine, avec sa couche rassurante de fausses lumières par dessus les ombres gris-souris (souris à la vie, semblent-elles me dire).
Radio allumée : c'est une chanson de Joan Baez, dont la voix sublime monte dans la nuit qui vient, avec ce fond de jour qui s'accroche encore à l'horizon occidental. L'auto file sur la route de campagne, et soudain :
l'âme est là de nouveau,
ce sentiment de s'appartenir de toute éternité, je ne l'ai donc pas perdu, pas encore, il y a de la résistance dans la Gente ailée qui peuple mes ornières.
Pourtant ces derniers jours m'avaient laissé vide et orphelin.
Question subsidiaire : est-ce une pause ou une victoire ?
Nous sommes riches de nos manques, comme l'espace inscrit dans une cathédrale...
21:10 Publié dans Musique, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : folk, psychologie, foi
09.10.2007
Court sommeil contre fragments d'éveil
Peu dormi la semaine passée (je veillais tard) mais cela favorise un sommeil plus concentré et réparateur, avec des rêves marquants au matin.
Les instants de conscience pure, où s'approche la racine du réel, sont plus fréquents. Consolation de l'âge : ce qui était vertigineux, insaisissable dans la jeunesse, tel un angle mort, un point aveugle de la conscience, devient perceptible à la dérobée d'un éclair de lucidité.
Travail entre cette lucidité (le noyau), l'égo qui reconstruit sa coque autour, et l'espace animique intermédiaire qui nourrit et relie les deux. Je retrouve le chemin de la nudité de l'enfant tombé du ciel, jeté au monde, ahuri d'être là. La lumière froide d'être ici-bas n'est tolérable que dans la clarté d'amour qui réchauffe et donne sens. La résilience dont se gargarisent tous les ex-malheureux qui ont réussi à fructifier sur leurs lignes de fractures, cette résilience est possible dans la vérité accouchée de soi dans l'existence. Vieillir vers la tombe est aussi le chant libre qui retrouve son hymne après s'être égaré, soûlé de ses reflets mondains, puis dégrisé et bientôt revenu à la transparence originelle. Bref, je décante.
23:30 Publié dans Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : conscience, résilience
29.09.2007
Des nouvelles de soi
22:18 Publié dans Blogs, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture, lecture, philosophie
20.09.2007
Pêcheur d'étoile
On a fait le tour de nos miracles. Et puis les recettes sont usées ou bien est-ce la foi qui est devenue tiède ?
Méfiance, toujours le doute, juste récompense des erreurs et des farces diablotines endurées.
Parfois, le vieux réflexe religieux plonge dans la dévotion extérieure, la peur et le désarroi aidant.
Sans oublier cet orgueil prométhéen qui ne veut pas courber la tête, cette nuque raide de la conscience, qu'en bon occidental cartésien je chéris tant.
Au risque même d'oublier les leçons gnostiques des grands anciens, de les traiter de fables parmi d'autres, demeure l'énigme d'exister, celle commune à tous les vrais athées qui ne remplacent pas le dieu mort par quelque autre postiche politique ou philosophique.
Parce que cette énigme est un mystère, le mystère ultime et premier de ce pourquoi je suis là à taper ces lignes pour comprendre, l'alpha et l'omega de toute chose et de moi-même vaut bien une messe intime et récurrente.
Et si toute autre forme de culte n'était qu'idolâtrie, dès lors que je sais prier ce qui en moi est en deçà et au delà de moi, la source de la source, la mère de toutes les vierges, le père de tous les premiers nés. C'est l'Un dans l'autre, c'est Dieu en moi — et le vice versa, comme dirait le diable ? — mais le bifide a beau dire, le mystère est inaltérable, insoluble dans la dialectique.
Que faire avec nos manques, émotionnels, sensuels, sexuels, spirituels, veniels, charnels, éternels ? Vivre avec, en les éprouvant droit devant, les dieux dans les yeux, à la limite de l'enstase et de l'extase, quand le corps prend sa part du mystère effleuré.
Comme un vent qui traverse le champ de l'être ici-bas, les nerfs sismographes frissonnent sous l'approche de la Surlumière.
Tremble carcasse, sous la douche de la conscience éclairée, quand je vibre de mes fibres assoiffées de ce réel nucléaire.
L'archétype de ma raison d'être parfume le souffle suspendu. Les mains de l'ange saisissent la fleur de ma joie, et je peux de nouveau croire en ma bonne étoile. Chaos, ténèbres et souffrances innombrables n'y peuvent rien.
En cet instant, je suis sauvé.
23:50 Publié dans Poésie, Spiritualité, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, méditation, philosophie, mystère, religion
13.09.2007
Prisonnier
Avec joie coule au fond des veines la chanson de l'elfe d'or.
Corrige les douleurs passagères mais chroniques : toutes les peines
et les lave, les immondices de la Psyché ensevelie.
Craquent les murs de glace qui ensorcellent le présent.
Peur d'être fou et engourdi pour l'éviter,
mais rien ne passe plus la barrière des protecteurs de l'ombre
et l'on ne sait pourquoi l'on respire ;
pour quelle clarté ?
Dansent en souvenir les étoiles des beaux instants
mêlées aussi de plus sombres compagnons ;
la gravité nous rappelle à la fange du passé et prépare celle de demain.
Pourtant rien n'est perdu :
chaque seconde porte en sa crucifixion sa délivrance, son passeport pour l'éternité joyeuse
comme un mauvais rêve qui s'oublie au matin.
Bonjour à l'infime qui demeure et nous appelle
vers ce temps aboli.
11:55 Publié dans Poésie, Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie
12.08.2007
Interlude
Ce mois d'août est une plage où s'allanguit le temps, où la paresse se mêle à la méditation, le rire au vague à l'âme. Une pause, un interlude (bien que je travaille). Loin des confidences ou des exploits narratifs. Le blog hiberne à peine né, et c'est très bien ainsi. Ne pas écrire si l'on n'a rien à dire. Vivre avant tout. À bientôt, lorsque reviendront les heures fécondes.
21:40 Publié dans Vie intérieure | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blog, écriture


